L’itinéraire d’Alain Cavalier est très peu linéaire. C’est plutôt une trajectoire brisée, faite de trous, d’assez longues périodes sans tourner et de revirements subits. En cinquante ans, le cinéaste s’est progressivement défait de tout ce qui constitue l’ordinaire du spectacle cinématographique. D’abord de la fiction : son cinéma est devenu une sorte de journal documentaire. Puis des acteurs : les personnes qui traversent ses films n’interprètent que leur propre rôle. Mais aussi de l’équipe de tournage puisque désormais il filme lui-même et seul. Et même du corps humain : Irène, par exemple, ne comporte que quelques plans avec présence humaine – le reflet du cinéaste dans un miroir, une photo d’Irène… –, l’essentiel étant des plans d’objets, de lieux vidés de présence, des natures mortes.
Jean-Marc Lalanne in Les Irocks
AVANT-PREMIERE mardi 5 janvier - 19h30
En présence d'ALAIN CAVALIER