Ecce bombo

Nanni Moretti >21/07

1978 . ITALIE . AVEC NANNI MORETTI, LORENZA RALLI, FABIO TRAVERSA - 1H43 - VO ST FR

Michele vit à Rome avec ses parents et sa sœur. Dépressif et constamment frustré, il se comporte en tyran, aussi bien avec sa famille qu’avec sa petite amie Silvia qui travaille dans un cinéma. Le reste du temps, Michele traîne avec son groupe d’amis. Ensemble, ils écoutent les premières radios libres et se laissent surtout aller à leur désœuvrement et leur mal-être, qu’ils expriment lors de “séances d’auto-conscience”. Les trois premiers longs métrages de Nanni Moretti – Je suis un autarcique (1976), Ecce Bombo (1978) et Sogni d’Oro (1981) – permettent de remonter aux sources du dilemme morettien. Ces trois films sont de magnifiques méditations, très drôles en plus, sur la difficulté pour la jeunesse de prendre part au monde, de trouver la porte d’entrée vers un monde adulte qui puisse paraître un tant soit peu satisfaisant.

On y voit naître l’alter ego de Nanni Moretti jusqu’à Palombella Rossa (1989), Michele Apicella, dont l’arrivée sur les écrans coïncide avec un moment charnière de l’histoire et de la culture politiques italiennes, celui d’une sorte de gueule de bois pour une jeunesse désillusionnée, dans un pays sclérosé et une société privée de repères aussi bien éthiques qu’idéologiques. Ce jeune homme irascible et touchant a une question chevillée au corps : comment appartenir au monde sans s’y compromettre ? On pourrait parler de documents sur ces années, bien que la situation politique ne soit évoquée qu’en creux, ou par quelques mots pour formuler son mépris envers la DC ou Enrico Berlinguer qui initia le fameux “compromis historique”. Nanni Moretti se place, comme il le fera dans Le Caïman pour pourfendre le berlusconisme, à un poste bien particulier : la sphère intime comme cadre et observatoire de la révolte et des désillusions.

d’après Arnaud Hée, critikat.com

Ce film n'est pas à l'affiche
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