Le Déjeuner du 15 aoûtGianni Di Gregorio >21/072008 . ITALIE . AVEC VALERIA DE FRANCISCIS, MARINA CACCIOTTI, MARIA CALI - 1H15 - VO ST BIL |
L’une des meilleures surprises de l’année dernière : une petite comédie italienne, dans la tradition des Comencini-Risi-Scola, avec personnages pittoresques, péripéties tendres, répliques souriantes... Le réalisateur, Gianni Di Gregorio, bon à rien professionnel (il a été scénariste de quelques comédies, assistant, régisseur, accessoiriste, figurant, décorateur), est parti d’un événement réel – son propriétaire lui a proposé d’effacer l’ardoise des charges impayées contre un week-end passé à surveiller sa vieille maman – pour imaginer un sexagénaire (bon à rien) qui se retrouve avec quatre vieilles dames en pension pendant le week-end du 15 août.
Les bonnes femmes ne s’entendent guère, elles ont des régimes alimentaires différents, des habitudes opposées, des prétentions à la séduction et... le malheureux hôte se transforme en cuisinier, en diplomate, en gentil organisateur, sans avoir le temps de souffler. Le film est d’une tendresse absolument formidable, et les quatre grands-mères, actrices improvisées, sont merveilleuses.
Gianni Di Gregorio a retrouvé le secret de la recette : il panache l’ironie et la dolce vita, la lassitude et l’humour, et glisse un certain fatalisme. Comment résister à ces savoureuses grands-mères qui se disputent, jouent aux cartes, bravent les ordres du médecin, et n’oublient pas le rouge à lèvres ? Le réalisateur est également devenu acteur par une sorte d’évidence : “J’ai joué le rôle principal, dit-il, parce que durant la préparation du film, alors que j’expliquais à l’équipe qu’il fallait trouver un homme d’âge mûr, plus ou moins alcoolique, ayant vécu des années avec sa mère, tous les visages se sont tournés vers moi.”
François Forestier, Le Nouvel Observateur