SpellboundAlfred Hitchcock >04/081945 . USA . AVEC INGRID BERGMAN, GREGORY PECK, MICHAEL CHEKHOV - 1H51 - VO ST FR |
Le roman [était un livre] mélodramatique et réellement fou racontant l’histoire d’un fou qui s’empare d’une maison de fous ! Dans le roman, même les infirmiers étaient fous et faisaient toutes sortes de choses ! Mon intention était plus raisonnable, je voulais seulement tourner le premier film de psychanalyse. […] Quand nous sommes arrivés aux séquences de rêve, j’ai voulu absolument rompre avec la tradition des rêves de cinéma qui sont habituellement brumeux et confus, avec l’image qui tremble, etc. J’ai demandé à Selznick de s’assurer la collaboration de Salvador Dali. Selznick a accepté mais je suis convaincu qu’il a pensé que je voulais Dali à cause de la publicité que cela nous ferait.
La seule raison était ma volonté d’obtenir des rêves très visuels avec des traits aigus et clairs, dans une image plus claire que celle du film justement. Je voulais Dali à cause de l’aspect aigu de son architecture – Chirico est très semblable –, les longues ombres, l’infini des distances, les lignes qui convergent dans la perspective, les visages sans forme.
Alfred Hitchcock, Hitchcock Truffaut
La peinture des obsessions du malade n’a pas été seulement pour Hitchcock le prétexte de composer quelques images terrifiantes. C’est au principe même de la psychanalyse qu’il s’intéresse. Il y voit l’équivalent médical de cette “confession” qui fournira le thème de Under Capricorn et de I Confess. D’autre part, c’est la femme qui joue le rôle de confesseur, de salvatrice. Nous voilà loin de la légendaire misogynie reprochée à notre auteur. Au contact de la femme, le malade retrouvera l’intégrité de son esprit, ou plus exactement l’unité de sa personne. Au contact de l’homme qu’elle aime, la froide Constance, doctoresse à lunettes, deviendra toute féminité. Spellbound est un grand film d’amour.
Éric Rohmer et Claude Chabrol, Hitchcock