A Serious Man

Joel & Ethan Coen >04/08

2009 . USA . AVEC MICHAEL STUHLBARG,SARI LENNICK, RICHARD KIND - 1H45 - VO ST BIL

Les Coen ont autant lu Kafka que regardé Saturday Night Live ou écouté les Stones. Cette rencontre entre le territoire physique et métaphysique des bouseux rednecks et leur regard de fins lettrés fait toute la saveur de leur cinéma décalé et de A Serious Man. Le personnage central, Larry Gopnik, est un professeur de physique soudain assailli par une multitude de problèmes banals. Sa femme veut divorcer. Ses enfants ados ne l’écoutent plus et se disputent sans arrêt. Un de ses étudiants qu’il a mal noté le menace. Une société de vente par téléphone le harcèle. Cet engrenage est autant dramatique qu’hilarant. Comme Barton Fink, Jerry Lundegaard de Fargo ou le Dude Lebowski, Larry Gopnik est un brave type moyen soudain enseveli sous une coulée d’événements qu’il ne parvient plus à maîtriser.

A Serious Man ravira le fan des Coen : il y retrouvera tout ce qu’il aime dans leur cinéma. Mais ce film apporte une nouvelle dimension : l’autobiographie. Les Coen ont probablement mis beaucoup d’eux-mêmes dans le fils Gopnik, ce jeune garçon rouquin qui prépare sa bar-mitsva tout en écoutant Jefferson Airplane et en fumant de la beuh en cachette… “67, année problématique”, pourrait chanter Gopnik. Dans une époque de toutes les trouilles, rongée par la montée des communautarismes et le retour de la religion, où des gouvernements en échec tentent de nous embrouiller avec d’oiseux débats hors sujet, A Serious Man fait du bien : il diffuse en mode mineur sa version de l’identité nationale. Et elle est une aventure à la fois individuelle et collective, qui se construit et se transforme au long d’une vie, mute d’une génération à l’autre. Tel est le propos fort et sage émis par les Coen dans leur nouvelle comédie tragique. Géniaux, qu’on vous dit.

d’après Serge Kaganski, Les Inrockuptibles

 

Ce film n'est pas à l'affiche
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