La Vida loca

Christian Poveda >25/08

2008 . MEXIQUE-FRANCE-ESPAGNE . 1H30 - VO ST FR

La sortie de ce film est endeuillée par la mort de son auteur. Le photoreporter et documentariste Christian Poveda, 53 ans, a été assassiné le 2 septembre dernier, abattu de quatre balles dans la tête sur une route au nord de San Salvador, à cause de ces images qu’il avait filmées dans l’enfer des gangs de la capitale d’Amérique centrale, et qui dérangeaient. Durant deux ans, dans la misère des bidonvilles, Christian Poveda a filmé cette guerre des gangs qui sème la terreur dans le pays et aux alentours. Poussée par une violence aveugle, cette guerre civile oppose et décime la jeunesse de deux clans ennemis : la Mara Salvatrucha et la Mara 18.

Les maras sont des bandes nées dans les années 1930 aux États-Unis, à Los Angeles, où s’étaient réfugiés des ancêtres qui fuyaient les remous politiques, afin de se défendre des mafias mexicaines. Le corps et le visage tatoués à l’effigie du clan qui leur sert de famille, ces mareros se criblent de balles à tout bout de champ, pour le contrôle d’un territoire, d’un trafic de drogue, d’un réseau d’enlèvements contre rançons. Fières de leurs exploits, ces armées invisibles sèment une terreur quotidienne. Images hallucinantes, que ces gamins qui relatent leur exploits, et sortent brutalement leurs fusils en voyant débarquer leurs adversaires dans une voiture. Fusillade. […] Puis des funérailles, les morts portés dans un cercueil vitré, les camarades hurlant vengeance dans une atmosphère de prière : “Réglons ça dans le sang !” [...] Voici des gamins qui frappent aux portes pour mendier quelques sous qui aideront la famille de leur pote trucidé. Voici une femme qui a perdu un œil lors d’un échange de coups de feu, condamnée à plusieurs interventions chirurgicales qui ne lui épargneront pas la prothèse. Christian Poveda, pour ce film clairvoyant et terrifiant, a, lui, perdu la vie.

Jean-Luc Douin, Le Monde

 

Ce film n'est pas à l'affiche
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