La Danse – Le Ballet de l'Opéra de Paris

Frederick Wiseman

2009 . FRANCE . 2H38 - VO FR

La caméra de Frederick Wiseman semble posée depuis des lustres dans l’enceinte du Palais Garnier. Elle ne dérange personne, d’ailleurs il serait vain de perturber l’institution, la grande maison de la danse. Le cinéaste américain n’est pas venu pour en savoir plus ou pour imposer un point de vue. Ce n’est pas sa manière de procéder. Inutile donc d’espérer des révélations d’étoiles, des apartés croustillants et rebelles. Pas de “pipolisation”, ni même de relation journalistique. Wiseman n’a rien à dire de plus que ce qui est, que ce qui fabrique la danse. Le seul extérieur qu’il s’autorise, c’est une vue de Paris, des légendaires toits de la maison, d’où l’on aperçoit une autre hiérarchie, cette fois architecturale, qui trace la ville.

Sinon, que du dedans, jusqu’à la cantine avec gros plans sur l’assiette, aussi banale que celle d’un autre estaminet de collectivité. Des arrêts aussi dans les escaliers, dans les couloirs de bois. […] Pour le reste, il se concentre sur les danseurs et la direction ou l’administration. Les répétitions ne sont pas ici ce qui précède le moment sublime, elles portent la danse même, pleine d’humeur et de sueur. Une courte séquence et tout est là, posé sans commentaire. Delphine Moussin répète seule sa partie solo du Songe de Médée d’Angelin Preljocaj. On verra des images du spectacle ensuite, comme pour la plupart des répétitions, mais tout est déjà présent, notamment une colère qui la met hors d’elle. Le souci du détail n’est nullement voué à l’ornementation : qu’il s’agisse de Mme la directrice, Brigitte Lefèvre, qui reçoit les confidences de ses ouailles, d’une séance d’organisation du gala pour les American Friends ou des élans de Laurent Hilaire, maître de ballet. Une immersion captivante et rare.

Marie-Christine Vernay, Libération

 

Ce film n'est pas à l'affiche
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