Colette Fellous, "Pour Dalida"

Toute la Méditerranée

La grande Colette Fellous, dont nous aimons tant Avenue de France, Le Petit Casino et autre Plein Eté, vient de consacrer un livre à l'immense Dalida, en hommage à la mémoire de sa propre mère. Jérôme Garcin, du Nouvel Obs, ne s'en est pas remis. Nous non plus. L'écrivain parle de son livre dans l'entretien ci-joint, filmé à la librairie Mollat (cliquer sur TV). Mieux qu'un roman ? Une romance. Digne de Méditerranée de Pollet, des folies de Chahine et de Minnelli, des Lectures pour tous du cousin T.

Colette Fellous, Pour Dalida, Flammarion, une dizaine d'euros.

Jérôme Garcin :

« Dalida s'est suicidée à Paris, le 2 mai 1987. Elle avait 54 ans. Colette Fellous aurait tellement voulu la rencontrer. Pour la remercier du bonheur que, sans le savoir, à Carthage, dans les années 1960, elle avait procuré à sa mère.

Une mère maniacodépressive - elle l'appelle "ma grande mélancolique" - à laquelle la chanteuse avait la faculté de rendre le sourire et dont elle calmait les angoisses, "itsi bitsi tout petit petit bikini..." Ce livre très sensible que la romancière d'Avenue de France consacre à l'interprète de Bambino et de Gigi l'amoroso, est d'abord un geste de gratitude. Elle regarde la vie de la star pailletée avec les yeux pleins de larmes de sa mère qui souffrait tant de n'avoir pas connu l'amour et qui vivait par procuration.

C'est aussi, jailli d'un vieux Teppaz, un chant d'amour à la grande Méditerranée, qui réunit l'Égypte, où est née Yolanda Gigliotti ; la Calabre, d'où étaient originaires ses parents ; et la Tunisie, où Colette Fellous a vécu jusqu'à ses 17 ans. Pour elle, tout se confond, le jardin de Salammbô, où elle portait autrefois sur son cœur le premier 45-tours de Dalida (Come Prima), et Le Caire, où elle recherche aujourd'hui l'enfance de Yolanda. Les fourreaux de l'idole et la robe de chambre de sa mère. Le cinéma et le music-hall. La tristesse du temps perdu et la joie du temps retrouvé. Rideau. »