On a beau voir et revoir encore Palombella Rossa, on ne sait toujours pas ce qui fascine dans ce film de Nanni Moretti. Sans doute sa manière toute personnelle de nous parler de cinéma, de politique italienne (d'avant Berlusconi) et in fine de lui-même et de ses doutes. A y regarder de plus près, il se dégage une réelle poésie dans la manière dont il met en scène ce match de waterpolo. Bien sûr Moretti s'y connait, lui qui a fait partie de l'équipe olympique italienne au milieu des années septante et qui, selon ses dires, aurait abandonné son sport favori à la veille des jeux olympiques pour se consacrer à un autre sport: le cinéma.
Alors, où se situe-t-il ce plaisir qu'il nous donne?
Dans l'atmosphère surréaliste de ce match qui semble ne jamais devoir finir? Ou dans cette scène époustouflante du radiocassette qui joue I'm on Fire de Springsteen dans le public, envahissant littéralement l'écran et la partie? Ou bien ne serait-ce pas plutôt la scène du Docteur Jivago?