Lola Montès

Max Ophuls >11/08

1955 . FRANCE/RFA/LUXEMB. . AVEC MARTINE CAROL, PETER USTINOV, ANTON WALBROOK - 1H56 - VO FR ST NL

En décembre 1955, Max Ophuls présentait au public parisien Lola Montès qui n’eut pas l’heur de plaire. Retiré de l’affiche, Lola Montès a été montré ensuite, monté et doublé de différentes façons. Les efforts de la Cinémathèque française ont permis de redonner vie à un film très proche de la version que voulut Ophuls. Ce qui ne suffira pas à dissiper un parfum de malédiction. Bien sûr, les spectateurs d’aujourd’hui seront moins déroutés par la chronologie désarticulée du récit, par la violence chromatique des images. Mais ce qui fit fuir les spectateurs du Marignan, il y a plus d’un demi-siècle, effraie encore aujourd’hui.

La déchéance livrée en pâture de la célèbre courtisane du XIXe siècle, le trafic marchand des sentiments et du plaisir restent des objets de scandale qu’Ophuls met en scène avec violence, dans une fièvre qui confine parfois au délire, sans prétendre à la compassion.

C’est le plus malheureux et le moins aimable des chefs-d’œuvre. […]

Quand il filme le cirque, Max Ophuls fait cavaler des nains peints en rouge, galoper des écuyères légèrement vêtues dans un charivari permanent qui tourne autour d’une figure immobile, celle de Lola, qui tient à peine debout et s’exprime d’une voix inaudible. […] Cet enfer n’est pas celui qui guette les filles perdues. C’est celui où l’amour et l’argent s’échangent indifféremment, où la célébrité est une marchandise. Ophuls avait appris à connaître Hollywood (le cirque de Lola est américain), où il s’était exilé pendant la Seconde Guerre mondiale, et l’on peut discerner dans Lola Montès une parabole du viol de la culture et de l’histoire européenne par le show-business américain. Ce n’est qu’un contre-chant. Lola Montès est avant tout le récit d’une agonie. C’est le dernier film de Max Ophuls, mort deux ans plus tard.

Thomas Sotinel, Le Monde

 

 

Ce film n'est pas à l'affiche
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