The Killers

Robert Siodmak

1946 . ETATS-UNIS . 1H42 - AVEC BURT LANCASTER, AVA GARDNER, EDMOND O'BRIEN...

Deux tueurs à gages débarquent dans une petite ville et y retrouvent leur victime, Swede (Burt Lancaster), qui les attendait dans une pièce sombre et se laisse abattre sans résistance. Le détective d’une compagnie d’assurances découvre l’affaire par hasard et devient obsédé par l’attitude étrange de la victime : il ne comprend pas pourquoi Swede est resté tranquillement assis et a laissé les deux truands l’assassiner. Reprenant l’enquête pour son compte, il rencontre plusieurs individus et découvre que Swede était lié à un gang, et qu’après avoir été trahi par une femme, il était devenu l’ombre de lui-même.

Adapté par Anthony Veiller d’une nouvelle d’Hemingway, Les Tueurs représente la quintessence du film noir. Sa structure narrative est tout à fait singulière. Les circonvolutions temporelles de l’histoire s’organisent en une série de flash-back, sur le modèle de Citizen Kane.

Cette construction renforce l’impression d’un temps désarticulé tel que Swede le ressent après être tombé dans le piège de la femme fatale classique (Ava Gardner). La corruption générale du monde où pénètre ce jeune boxeur devenu criminel est tout à fait caractéristique du genre. Le film est parcouru par une grande violence alliée à une angoisse existentielle qui interdit tout espoir. Dans ce contexte, il ne peut y avoir ni revanche ni amélioration. La distinction entre le bien et le mal n’a plus aucune pertinence. Le détective s’engage dans l’affaire Swede pour sortir de l’ennuyeuse routine de son travail et s’enfonce alors dans le chaos et la corruption. Certes, il réussira, mais son succès ne change en fait pas grand-chose car il est individuel et non social. Pour Siodmak, le monde noir continue, inchangé.

D’après Carl Macek, in Encyclopédie du film noir

Ce film n'est pas à l'affiche
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