Wiseman, quand même

(Il s'en passe des trucs)

Parfois lorsque l'on rencontre des gens dont on apprécie l'œuvre, on est très déçu, ils sont pédants, grossiers, inintéressants... D'un coup, on revoit leur œuvre sous un jour nouveau (oui, c'est peut-être pas mal, mais franchement, l'auteur-là, il se la joue grave, pour qui se prend-il ?) ; les choses sortent dépréciées de cette rencontre.

Ou alors, on rencontre tel ou tel par hasard, on est très fier de reconnaître bazar ou truc, on voudrait aller leur parler mais, faute de préparation, on n'a rien d'autre à leur dire que « j'aime beaucoup ce que vous faites »... Ah oui, grandiose comme intervention...

Bref, il y a de ça quelques mois, Frederick Wiseman était présent à l'Arenberg, et c'était tout le contraire d'une déception.

Déjà, insistons sur le fait que Wiseman à l'Arenberg, ce n'est pas tous les jours. Un grand cinéaste pour lequel la salle de l'Arenberg était comble, succès mérité.

Hé bien, Wiseman, sans manquer de convictions (sur le documentaire, et surtout la manière d'en faire), est un homme humble et discret, peut-être même gêné d'être là. Et cela ne fait que rajouter, me semble-t-il, à son aura... C'est le vieux maître modeste, qui ne s'en laisse pas conter, qui assène quelques vérités (« Je ne pense pas au public quand je fais mon film, comment pourrais-je imaginer que mon film sera vu dans une salle de cinéma à Bruxelles et comment pourrais-je savoir comment pensent les gens dans cette salle ? »), mais qui ne se la joue pas trop...

Voilà, c'est tout, juste pour dire qu'il s'en passe des choses dans notre cinéma Arenberg...

Wiseman, quand même, ...