Téhéran : Jafar Panahi embastilléLe réalisateur du "Cercle" est un opposant actif au régime iranien |
Il y a une dizaine de jours, on apprenait que Jafar Panahi avait été "empêché" de se rendre au festival de Berlin, la clique au pouvoir à Téhéran refusant de lui accorder le visa nécessaire pour sortir d'Iran (Cf. BAM, "Nouvelles de la police"). Comme les choses ne vont jamais vers le mieux, surtout dans les pays gouvernés par les flics et les curés, on nous informe aujourd'hui qu'il est en prison - avec la quinzaine de copains qu'il avait invités à dîner lundi soir. Faute de les aider à en sortir, faisons que ça se sache. [Photo: la prison d'Evin, à Téhéran.] [Ch.T.]
~
Dépêche d'agence
Le réalisateur iranien Jafar Panahi, dont les films ont remporté de nombreux prix internationaux, a été arrêté à son domicile de Téhéran avec sa famille et une quinzaine d'invités, a annoncé son fils sur le site d'opposition Rahesabz.
M. Panahi, qui soutient ouvertement l'opposition au président Mahmoud Ahmadinejad, a été emmené avec sa femme, sa fille et ses invités vers une destination inconnue par des hommes en civil qui ont fait irruption dans sa maison lundi soir, a précisé Panah Panahi à Rahesabz.
Ces inconnus ont perquisitionné la maison du cinéaste où ils ont saisi des ordinateurs et des affaires personnelles, selon la même source.
Jafar Panahi, ancien assistant d'Abbas Kiarostami, est à 49 ans l'un des cinéastes de la « nouvelle vague » iranienne les plus connus à l'étranger. Il a notamment reçu le Lion d'or à la Mostra de Venise en 2000 pour Le cercle et l'Ours d'argent à la Berlinale en 2006 pour Hors-jeu (Offside).
Il a été primé deux fois à Cannes (Le ballon blanc, Prix de la Caméra d'or 1995 et l'Or pourpre, Prix du Jury-Un Certain Regard en 2000).
Jafar Panahi avait été arrêté et brièvement détenu l'été dernier avec sa famille après avoir assisté à une cérémonie à la mémoire de Neda Agha Soltan, jeune manifestante tuée lors des manifestations de protestation contre la réélection du président Ahmadinejad en juin, devenue une icône de l'opposition.
M. Panahi n'a plus le droit de quitter l'Iran depuis qu'il a publiquement apporté son soutien à l'opposition lors du festival du Film de Montréal l'été dernier, arborant la couleur verte, l'un des signes de ralliement des opposants.
Cette interdiction l'a notamment empêché de se rendre en février à la Berlinale dont il était l'invité.
En dépit de leur succès international, la plupart de ses films ont été frappés par la censure en Iran.
Comme de nombreux artistes iraniens victimes d'un renforcement de la censure officielle ces dernières années, il avait soutenu l'ancien Premier ministre Mir Hossein Moussavi à la présidentielle.
© AFP
Related to author
Monte Hellman en Belgique en février 2011 | Les Romains bientôt privés de VO Le meurtre annoncé du Metropolitan |